Qui êtes-vous ?

Ma photo
Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...

samedi 10 juillet 2010

Le Baccalauréat

Tiens, mon bac n’était même pas un vrai  bac... juste avant la fin de l'année scolaire, le gouvernement indonésien,  par décret présidentiel,  a ordonné  que les lycées catholiques gérés par les religieuses néerlandaises,  doivent  faire passer les examen en ...  indonésien, et non plus en néerlandais; malheureusement pour les élèves et les enseignantes,  l’indonésien n'était qu'une langue ... en cours d’invention.

Nous nous sommes donc  appliquer  à apprendre à  lire et à écrire en langue  indonésienne "officielle"  et en même temps les nonnes se sont attelées à la tache de préparer  des cahiers correspondant   aux matières et ceci dans une langue à moitié inventée et   que le gouvernement magistralement appelait le Bahasa Indonésia:  les habitants des  3.500+  îles  se parlant tous en  dialecte  sans pouvoir se comprendre d’une île à l’autre.

Une langue commune pour faciliter la communication était en train de s’inventer. Le gouvernement s’est empressé à installer des antennes de radio partout dans l’archipel émettant en “Bahasa”, la langue  officielle. La totalité du  système scolaire de l’archipel  a du s’adapter à cette nouvelle langue l’année  même de mon bac; dans mon lycée tout était enseigné en néerlandais comme avant l'indépendance du pays en 1948 et cela a continué pendant des décennies pour certains établissements, dont mon lycée.

Mais revenons au  Bac, j'ai oublié le mot en indonésien.  Pour nous, les élèves  de cette respectable institution  catholique, la compréhension de la nouvelle langue n’était pas, disons, à l’ordre du jour et nous inscrivions n’importe quoi  en réponse aux questions - mais en  malais basique -  le plupart de temps un simple oui ou non au lieu d’un texte exigé  car nous ne parlions que  le malais appris dans la rue ou  qu’avec les femmes,  employées par nos parents  pour s’occuper de nos  maisons.

Les nonnes nous tournaient autour catastrophées,  les perles de transpiration sur le front d'angoisse et de chaleur et elles nous soufflaient les réponses discrètement,  en vain, j’écrivais   n’importe quoi  et après cette épreuve hallucinante, en se retrouvant toutes dehors,  je n’étais pas la seule à l’avoir fait et nous nous consolions faisant semblant de s'en moquer -  c'était une ...très  triste ...  rigolade ... 

J’ai passé le bac, comme toutes mes petites camarades,  réussite 100%, le prestige de l’établissement l’exigeant -- et  merci,  nos soeurs!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire