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Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...

jeudi 8 juillet 2010

Fritz & Fransina (épilogue)

Pour Cristina Louise, ma fille.

Pendant des années Fransina  suit les militaires partout. La marche est dure et chaque soir,  comme des nomades, le campement se réalise avec le stricte nécessaire, pour le plupart porté sur le dos des concubines. Les concubines sont toutes   indigènes, tolérées - c’est considéré bien pour le moral des hommes - mais elles ne jouissent d’aucune reconnaissance ou traitement priviligié.


Les femmes et les enfants nés sur le chemin marchent à la fin de la colonne, les nourrissons sont portés sur la poitrine dans un sarong noué sur l'épaule pour faciliter l'allaitement. Les femmes accouchent seules, là ou la colonne se trouve et la marche se poursuit sans elles. Elles s’entre-aident,  une  femme enceinte qui a  d’autres enfants  sait qu’ils sont pris en charge tandis qu’elle arrête la marche pour accoucher en attendant le plus longtemps possible pour que l'accouchement se fasse rapidement. Personne retourne en arrière en cas de complication.


S’accroupir pour accoucher il n’y a que cela à faire quand l’heure est venue et comme les autres femmes, Fransina  coupe le cordon ombilical elle-même, emmaillote  son bébé et rattrape la colonne --  le plus vite possible car la musique et le tremblement  occasionné par les pas ainsi que le sifflement des machettes pour ouvrir le chemin  font fuir les bêtes sauvages et les serpents.


Fritz se voit  obligé d’arrêter sa vie de nomade: le climat humide de la jungle a fini par le rendre malade et les crises d’asthme font  en sorte qu’il ne supporte  plus la marche. Les deux enfants nés sur le chemin ont largement  atteint l’âge de la scolarisation et il s’installe  comme professeur de piano sur l’île de Java. Il  épouse Fransina, chrétienne et croyante et ceci à l’encontre de  tout avis colonial  que cela ne se fait pas.   Ils ont eu d’autres enfants. Leur deuxième  fille, Louise est ma mère et  ta grand-mère -  tu l'appelais Oma, t'en souviens-tu? -  tu  lui ressemble, il parait que moi aussi je lui ressemble et j’en suis fière.


Louise, ta grand-mère est née dans une rizière, elle a fait preuve de beaucoup de courage et de humanité pendant son internment par les japonais pendant WWII.




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