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Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...

samedi 3 juillet 2010

Fritz & Fransina (3)

Je me suis trompée, nous sommes samedi aujourd’hui,  dimanche ... c’est demain! ...  je peux donc écrire une suite à l’histoire de la rencontre de Fritz & Fransina.


Cela risque de chauffer, je respecterai une certaine pudeur:  ce sont  quand-même mes grand-parents et ils ils m’ont léguée une  solide  contribution morale pour pouvoir affronter  ma vie truffée  d’événements occultés ou  bêtement oubliés.   

Sans emploi de temps imposé ou auto-inventé (le passe-temps favori des retraités de la vraie vie),  la règle absolue consiste à ne pas regarder un Agenda.  Rien inscrire sauf les incontournables rendez-vous à respecter - comme la date limite d’envoi de ma feuille  d’impôts ou  le rendez-vous chez le  dentiste -  pour lesquels  j’actionne   soigneusement  l’alarme de mon portable et je colle minutieusement des petits Post-it! ...  toujours jaunes,  sur la porte supérieure du congélateur de  mon frigo dont j'ouvre la porte inférieure aux denrées succulentes, et je peux en même temps contempler  avec dégoût les priorités de ma vie et ceci  parfois au milieu de la nuit -- c’est rassurant de voir une telle organisation et  je m'en félicite  avant de me recoucher.

Le propriétaire de mon illustre logement ne sait jamais quand il recevra  l’enveloppe avec  le chèque du  loyer - cela pourrait être le 5 comme le  29 du mois - qu’importe la date!  il m’accorde sa  confiance inébranlable;  l'artiste-peintre fort sympathique a vu ses invendus  s’empiler et  il a sans enthousiasme ouvert un salon de coiffure dont  il a tapissé les quatre murs de ses toiles,  du sol jusqu’au plafond et il a su garder intact  son goût pour l’imprévu; il épate dorénavant les mémés du quartier avec son Art plastique et ses Ciseaux adroits.

Nous vivons une histoire  d’amour platonique,  le coiffeur/artiste-peintre et moi, nous nous complétons, nous nous comprenons, c’est beau!

(Et nous avons laissé les militaires en caleçon dans la mer et Fritz en uniforme sur le bateau où il  attend la gigue des officiers pour, à son tour, visiter l’île de Saparua...)


1898, un homme ...


Une fois tout le monde sur la plage, les troupes reçoivent l’ordre de ne pas fraterniser et de rester sur les plages. Déjà un fait curieux se révèle: les femmes du village plus haut restent en retrait. Elles ne viennent pas sur les plages, elles sont invisibles: ce sont les hommes qui font le ravitaillement exigé, les hommes qui rendent service.

Fritz prend un chemin qui se dessine   sous les cocotiers vers le village plus haut. Il détonne. Un grand blanc maigre de presque deux mètres en uniforme blanc des tropiques, les boutons dorés de sa veste fermés jusqu’au menton et qui déambule, l’air perdu,  dans la  moiteur torride d’une soirée tropicale en clignant les yeux derrière les petits verres ronds de ses lunettes.

Il observe la vie du village et il remarque que les femmes sont petites, à peine un mètre cinquante ... elle portent des longues tuniques blancs sur un sarong noué autour les hanches, la peau douce,  couleur ébène et les  cheveux noirs,  longs et ondulés parfois même crépus et  ramassés en chignon dans la nuque avec un port de tête fier; elles dirigent sans cesse les hommes avec un regard et de rares gestes. Il remarque aussi qu'elles sont belles et étrangement inaccessibles, elles l'ignorent.

Fatigué  et étouffant de chaleur, il voit un petit groupe d'officiers accompagné d'un fonctionnaire d'état et son assistant indigéne parler avec une de ces femmes qui en suite  se détourne et laisse  comprendre avec un regard à une femme présente de prendre le relais. Elle précède le petit groupe du bateau et ils montent l'escalier étroite vers le véranda  d'une maison spacieuse sur pilotis, la sienne sans doute.

Fritz décide de se reposer sous un arbre --  il se contente de regarder et d’essayer de comprendre. Avec soulagement il défait quelques boutons de sa veste. Quelle valse pourrait-il bien composer pour  illustrer cette ambiance irréelle?  Le comportement incongru  de cette population, de ses femmes menues qui ressemblent à des négresses sans lèvres pro-éminentes ni croupe à outrance, ici?  sur une   île  si différente des autres îles de l’archipel?  -- et il s’assoupit, drogué par la chaleur.




à suivre ...

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