Qui êtes-vous ?
- Renee Louise
- Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...
mardi 6 juillet 2010
Fritz & Fransina (4)
Je salue le monde entier avec ma main et mes cinq doigts écartés: je circule avec un GPS à bord et mon GPS me parle en français! Ma vieille 306 ronronne de plaisir.
J'ai hésité, je choisis l'anglais? -- je suis parfois si intolérante car je ne supporterai pas que mon GPS me parle avec un accent américain en prononçant les noms des rues, je risque de ne pas comprendre, c'est én-erv-ant donc: mon GPS me parle en français!
C'est plus corrèc!
(On a laissé Fritz sous son arbre... et oui, on y rajoute une femme, la femme maintenant ... et l'histoire s'illumine...)
1998, un homme et une femme ...
Il se réveille de sa sieste, entend les hommes du bateau rire et se divertir, se lève pour y jeter un coup d'oeil et constate que les troupes sont surveillés par deux officiers et ceux qui voulaient retourner à bord ont pris les gigues.
Il s'en détourne, soulagé, seul enfin, et il défait quelques boutons supplémentaires de sa tunique, la nuit ne tarde à tomber et la chaleur est atténuée par une bise venant de l'océan. Il sort un crayon et un carnet toujours dans une poche et retourne vers l'arbre de sa sieste en se refusant d'avoir faim ... il a des notes à inscrire.
Le village est silencieux, il observe, plus de mouvement. La lune lui donne assez de lueur pour dessiner ses notes, plus rien ne bouge, même les hommes sur la plage se taisent: la beauté des lieux dans une nuit tropicale accompagnée d'un concert de criquets s'impose.
Soudain une silhouette menue en blanc se découpe dans la crépuscule, se mue vers lui - elle porte quelque chose. La petite fille s'accroupie devant un plateau qu'elle pose devant ses ses pieds. Son dîner? Elle a le dos droit, la nuque allongée le plus haut possible et le menton en avant. Silence.
Fritz a soif, faim aussi et il entame le repas sans bien comprendre pourquoi il est servie sans l’avoir demandé ni exigé. Elle ne bouge pas et le regarde manger fixement, le haut de son corps tendu vers lui , elle a posée deux petits poings serrés devant elle comme appui. Silence. Comment la remercier? et gêné il lui lance en malais
- Merci beaucoup, moi Fritz, toi?
Elle lui répond en un néerlandais impeccable qu’elle s’appèle Fransina et qu’elle l’a choisie pour être son homme.
- Mais tu n'es qu'un enfant! Fritz s’exclame et elle répond lentement qu’elle est née en mille-dix-huit-cent-soixante-treize! Silence - elle a donc son âge? - et elle continue qu'elle a le droit de choisir son homme, le seul problème c' est qu’il n’est pas un homme de son île, il est Blanc et elle rajoute, en souriant, qu'elle l'a regardé faire et qu'il il lui plaît! - puis, elle hausse ses épaules et lui propose qu'ils ne partent se promener pour mieux se connaître et tout cela comme s' ils se disent des mondanités dans les salons du gouverneur!
Fritz croit rêver, termine son repas, il mâche lentement pour gagner du temps. Fransina se tait. Fritz est conscient du fait qu'une telle ... fraternisation comporte le risque de devenir plus qu'une échange de politesses, faire l'amour avec une belle indigène, ce qu'il espère faire maintenant, disons qu'il y pense! car la demoiselle est séduisante, oui, risque de lui coûter cher. Dans le contexte militaire cela peut lui coûter même la vie avec la mer comme dernier repos -- les troupes ont reçu l'ordre de ne pas fraterniser, pour un officier c'est une code d'honneur tacite. Troublé il demande pourquoi personne ne bouge plus dans le village déserté et elle lui dit que c'est l'heure de repas du soir, tout le monde mange à l'intérieur des maisons, le groupe d'inspection aussi.
Elle ne bouge toujours pas. Fritz se lève, déplie ses presque deux mètres et, heureuse, elle le tire par la main et ils disparaissent sous les arbres vers la plage.
Ils sont partis se promener, il a tenu à garder sa main dans la sienne, elle s'est laissée faire; il l'a soulevée haut dans ses bras et elle s'est laissée faire, ils se sont embrassées puis il l'a allongée sur la plage, ils ne se sont plus rien dit et ils se sont aimés jusqu'à l'aube: elle est rentrée chez elle et Fritz regagne le bateau à la nage ... euphorique.
à suivre ...
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