Qui êtes-vous ?

Ma photo
Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...

vendredi 30 juillet 2010

Revenues at home

@Home again, Zooey est scandalisée, elle dort entre mes bras devant mon MacBook  et j'ose la réveiller --  bientôt nous partirons prendre un train pour nous enterrer dans une bergerie dans  la France profonde: deux chaines de télé, se doucher dans un pré, pas d'internet,  travail au potager même mon portable ne fonctionnera pas. La paix et une très bonne table, le berger y veillera.

Une voiture pour descendre au village voir les deux copines rigolottes ... you guys, you know what it's like up there - it's not exactly Cannes,  Ile de Ré or Biarritz, but I will be SAFE, Hervé still has his machete next to the front door and Nora, Boule and Mozart will valiantly defend me when I'm alone in the bergerie -- let's just hope they won't eat Zooey for breakfast or think she's a rat! As you can see I DID NOT stuff myself with chocolates and cookies and pies during my week in Biarritz -- not to worry  -- you won't hear from me until the end of August, if anything comes up or if you'd like to say hello, use the landline, the berger never lugs his cell around with him and my cell doesn't work up there.

A few pics of Biarritz, nothing has changed since Steven was there with Audrey, the hortentias look wilted, it's been too hot for a spell.
Take care.

PS
I only spent one day on the beach ... too crowded ... used my umbrella just like all the Japanese and Chinese  women do, mine was purple ... wall-to-wall people and hot as hell.


























mercredi 21 juillet 2010

La Garonne, tout simplement...

Me voilà à bord d'une péniche,


  les tableaux désuets se suivent

 
 et sont toujours d'actualité,  précieusement sauvegardés




 et la grâce d'un ciel ensoleillé
sur un fleuve couleur ocre ...
c'était hier.

Aquitaine: ses trésors pour notre confort.




samedi 17 juillet 2010

Automne/Hiver 2008 et une bronchite carabinée comme surprise de Thanksgiving,  amorcée par  les vents glaciales  à Washington pour  s’aggraver en  pneumonie  à New York où, entre autres activités pour célébrer les fêtes et les retrouvailles familiales,  à  Times Square   j’ai dragué les magnifiques chevaux de la Police montée (et les très beaux cavaliers)  et j’ai aussi longuement admiré l’arbre de Noël  géant et l'étincellement de ses boules de cristal de Svarovski,  à  -17°C.



Prochain arrêt l’aéroport de  L.A. où ma file m’entoure de ses bras et j’entend  sa belle voix enjouée  “ Oh, Mace!  que tu es Belle - mais t’as l’air si...  mystérieuse? “ - me transportant en pleine drame de la Dame aux camélias --  normal que je suis belle aux yeux de ma fille:  nous   sommes deux PDG de la même  société d’Admiration mutuelle  -- peu importe que j’ai l’air d’une nouille trop cuite après deux visites dans les unités d’ urgences de Washington et de New York - je ne peux presque plus respirer -  elle ne le réalise pas encore -  et elle me trouve... Belle! 

“Maman!”  je suis, durant toute cette visite de six semaines, pour mieux me sermonner - tout va bien maintenant, pour elle  je suis redevenue “Mace-tu-ne-fumes-plus? - WOW!!!” ou "Mace-are-you-SMOKING-no?-GOOD!"  je n’ai pas honte d’avouer que ma fille me manque; les cigarettes me manquent terriblement parfois - ma santé est au top aujourd'hui et c’est trop bête de recommencer.
 
Je vois que sur  Yahoo! -- il y a 83 semaines! --  j’ai ouvert une @yahoo.com adresse sur laquelle  je m'identifie comme   “Renee Lou a.k.a.  the Wondrously Wheezing and Warbling Wayfaring Witch from Topanga.”  ... des souvenirs me sont revenus  avec ce a.k.a. curieux et  poétique (sic) et je traduis:






"Sifflements & Gazouillis d’une  Sorcière Voyageuse Émerveillée 
à Topanga"



jeudi 15 juillet 2010

Le foot toujours le foot ... Avertissement!

Il parait qu’aux Pays-Bas les prestations sont - et je traduit -  “posées” comme sont “posés” les rubans. Les footballeurs  néerlandais ont donc, eux aussi,  posé une prestation et des ministres en cravate orange ont posé  des rubans même pour compenser une prestation sans résultat espéré -- en France tous les médias confondus ont fait des choux gras avec leurs footballeurs: la douce France entière  a  lynché  nos footballeurs ET  leur sélectionneur ringard, suite a une  prestation "posée".  Aujourd'hui -- et ceci est un info très important!  --  je vais donc poser une prestation chez moi:  je vais faire mes courses sans payer, m'enfuir en douce  et attendre  que l’on sonne à la porte pour me les ranger en reconnaissance!

Je rajoute qu'étant presque sinistrée et retrouvée morte dans mon lit hier matin  suite à la nonchalance d'un voisin qui a jeté ses mégots sur le toit d'un cabanon sous mes fenêtres et  qui doit bien rigoler car c'est moi l'accusée  ...  que je continue à aimer stoïquement et passionnément  la France ... que  d'une moitié, l'autre moitié est souvent désespérée et je suis sure que si j'avais des lecteurs pour mes pensées spontanées certains  me demanderont  de rentrer chez moi si je ne suis pas contente d'être là ... désolée: pour "la française" et "l'américaine"  il y a longtemps déjà qu'un pays d'attache s'est  nolens volens égaré et que je suis bien dans ma "benaugerie" où la petite fille sur sa valise s'est posée!



Avertissement!
trouvé sur l'internet
je ne sais plus où...


Fable de fin d'été.



Il était une fois une pomme jaune et brune. 

Elle eut l'outrecuidance de se prendre pour la lune. 

« Ne suis-je pas jaune, dit-elle, comme cet astre lunaire ? » 
 
Cette fatale erreur lui encombra l'esprit 



si bien qu'elle en tomba par terre, 
 
où dès le lendemain elle se trouva pourrie... 



Il était une fois une bien belle orange. 

Elle osa un beau soir se comparer à la reine de la nuit.

« Ne suis-je pas mieux qu'elle, puisqu'orange est mon nom ? 

Voit-on dans l'univers un si beau cercle rond ? » 



Elle critiqua hargneuse, cette planète qui fuit. 

Pauvre fruit vaniteux qui bientôt a bleui...







II était une fois un Monsieur Potiron. 

Enflé dès sa jeunesse d'une panse facile, 

il admirait beaucoup ses quartiers imbéciles. 

«Moi j'égale, clamait-il, la lune rousse de l'amour. » 

 
Quelques gouttes de pluie suffirent pour toujours 

à amollir ses formes et cribler son bidon. 


 

Il était une fois une lune d'argent... 

Voyez-vous, Messieurs dames, comprendre qu'à tout jamais 

 La lune est unique et reste un beau secret, 

appartient à certains dont les âmes sereines 

voyagent tout le temps et imaginent sans peine. 

 
Celles qui savent que toute histoire bien belle

n'est que la vérité d'un idéal réel. 




Ecrit par ELPERU

Tous droits réservés ©

mardi 13 juillet 2010

Le temps des cerises ... et un presque incendie!

 

Ce matin le temps de cerises avec Titou et ce soir? ...  un incendie?

Croyant que c’était la fumée d’un BBQ j’ai voulu fermer les fenêtres et je vois que juste sous les fenêtres de ma loggia, le toit du cabanon en bas  est en train de fumer. J’alerte le voisin coupable qui a appelé les pompiers,  quand-même!

Cela avait l’air assez anodin mais quand les pompiers ont enlevé les tuiles, les poutres et la laine de verre  étaient en train de se consumer. Un petit feu anodin  qui a  pu se transformer en un vrai incendie,  attisé par la bise de la nuit. 

Mon  voisin a l’habitude de jeter ses mégots en biais sur le toit du cabanon en bas de chez moi-- cette fois-ci avec une cigarette mal éteinte.  A la question des pompiers si je fumais, je l’ai nié -  je ne fume ... pas. 

Visiblement ils  ne m’ont pas cru! le voisin a du bien rigoler.





lundi 12 juillet 2010

Laurent (1925-2010)



Le papy est mort la nuit du 6 au 7 juillet -  à 85 ans - le beau-père de ma meilleure amie.  Il est le papy pour toute la famille et j’avais ressentie que pour lui, ce n’était pas agréable d'être papy tout court pour tout le monde, venant des autres, des étrangers, c'était même ... condescendant. Plus la vieillesse s’impose plus le sentiment de perdre son propre identité  se rajoute à la perte de l’identité professionnelle - déjà suffisamment douloureux pour certains et puis tout ce qu'il en reste comme communication est papy-comment-tu-vas-bien?


Nous avons des partenaires avec lesquelles nous avons fait  des enfants. Nous continuons notre vie, seule ou avec un partenaire et  nous restons une femme ou un homme avec un prénom, malgré une famille pour laquelle nous sommes les parents et les grand-parents ou comme moi, pour le beau-père de ma meilleure amie, qu'une pièce rapportée. Comment l’appeler? la réponse était:  comme tout le monde,  tu l’appelles Papy!

Je sentais que l’homme qui s’appelle Laurent n’était pas content d’être devenu papy pour tous, mais à quoi bon lutter?  La mammy et le papy c’est comme une voile d’amour , également  une voile d’oubli  que l’on jette sur des parents vieillissants de plus en plus inutiles et pesants,  souvent à l’écart  mais ce sont des termes si aimants et déculpabilisant dans les   familles où le plupart de temps on  s’adresse la parole au-dessus des têtes de leurs papy et leurs mammy adorés, et les petits-enfants devenues lycéens les imitent.

Et si on est toujours comme le reste de la famille?  et on est comme eux, un prénom? - je crois qu’il y aurai bien  plus de respect et plus de  communication avec les enfants et  les petits-enfants devenus des adultes  et moins de condescendance!  Peut-être que j’ai  des pensées futiles et que ce n'est pas le genre de question que l’on se pose.

Il y a quelques jours, au milieu de la nuit,  je me suis réveillée, effrayée,  car j’entendais une voix tonner mon prénom:  Renée! en même temps la petite  Zooey est  debout de peur et elle   a aboyé ce qu’elle fait rarement; le lendemain j’ai appris que Laurent est mort -- est-il venu me l'annoncer? -- question très inconfortable et ésotérique pour laquelle je m'excuse.

Aujourd'hui je reviens de son enterrement dans le Médoc, et lentement nous avons suivie le cercueil  vers son dernier repos à coté de sa femme  au milieu des vignes. Beau pays.

Avant,   la messe à l'église du village.  Le village de mon amie, la fille de sa femme, elle y  est née et elle s'y est mariée,  dans la même église,  et j'ai découverte à travers les témoignages qui était ce papy avant de devenir un vieil homme un peu ... désagréable ... un peu et  parfois même  beaucoup désagréable --  cet  homme très grand et solidement battit qui souffrait de sentir  sa santé se décliner et   d'une manque d'exister et de la solitude après la mort de sa femme --  faute à personne, mon amie s'est toujours donné du mal et avec beaucoup d'amour et de générosité  elle était  présente le plus possible dans sa vie. Pour son entourage et même pour les étrangers il a terminé sa vie comme papy, un papy-comment-tu-vas?  ... bien?

J'ai appris qu'il était travailleur consciencieux, qu'il a élevé deux filles et qu'il a adoré la mère de mon amie, qu'il était résistant et qu'il a activement participé à la défense de Royan; un homme dont la vie a disparue et oubliée  bien avant son enterrement aujourd'hui.

Deux anciens combattants,  les drapeaux haut,
ont salué l'homme qui s'appelait Laurent.

dimanche 11 juillet 2010

Même les chiens aiment les fruits!


Hier Zooey et moi ont mangé que des fruits ... des cerises, des framboises, des bananes, des abricots, un melon entier et la moitié  d’un pastèque et rien d’autre! On se désaltère  comme on peut, les fruits et leurs jus et l’eau mélangé avec du jus de bouleau.

 L’étonnante Zooey-Petoutie a tout compris: elle mange tout ce que mange son humain, en occurrence, moi. Titou, (le “coupé” on dit dans le pays pour désigner son pedigree on ne peut plus douteux), Titou nous trouvait  ridicules et il  nous regardait dédaigneusement la tête sur ses pattes,  allongé à l’ombre du parasol après avoir refusé les petits morceaux de fruits  que je lui secouais sous le nez.  Il  observait Zooey fixement  qui s’en  léchait  les babines chaque fois faute de ne pas  les avoir mangé lui-même.

Tout d’un coup le brave Titou se met sur ses quatre pattes et, très déterminé  approche son nez d’un succulent morceau de melon, ouvre la gueule, mâche et avale le morceau!

Zooey-Petoutie et moi ont applaudie, disons que la chipie a sans enthousiasme  remuée sa petite queue,  signe de laisser savoir qu’elle était contente pour lui:  le gros Titou allait forcément diminuer  ses portions! car du coup,  Titou a trouvé le goût sucré des fruits très, très bon et en plus il s’est délecté du  melon et du  pastèque d’un fraîcheur agréable   tout droit sortis du frigo!

C'est dimanche, on va à la campagne, retrouver Titou.

samedi 10 juillet 2010

Le Baccalauréat

Tiens, mon bac n’était même pas un vrai  bac... juste avant la fin de l'année scolaire, le gouvernement indonésien,  par décret présidentiel,  a ordonné  que les lycées catholiques gérés par les religieuses néerlandaises,  doivent  faire passer les examen en ...  indonésien, et non plus en néerlandais; malheureusement pour les élèves et les enseignantes,  l’indonésien n'était qu'une langue ... en cours d’invention.

Nous nous sommes donc  appliquer  à apprendre à  lire et à écrire en langue  indonésienne "officielle"  et en même temps les nonnes se sont attelées à la tache de préparer  des cahiers correspondant   aux matières et ceci dans une langue à moitié inventée et   que le gouvernement magistralement appelait le Bahasa Indonésia:  les habitants des  3.500+  îles  se parlant tous en  dialecte  sans pouvoir se comprendre d’une île à l’autre.

Une langue commune pour faciliter la communication était en train de s’inventer. Le gouvernement s’est empressé à installer des antennes de radio partout dans l’archipel émettant en “Bahasa”, la langue  officielle. La totalité du  système scolaire de l’archipel  a du s’adapter à cette nouvelle langue l’année  même de mon bac; dans mon lycée tout était enseigné en néerlandais comme avant l'indépendance du pays en 1948 et cela a continué pendant des décennies pour certains établissements, dont mon lycée.

Mais revenons au  Bac, j'ai oublié le mot en indonésien.  Pour nous, les élèves  de cette respectable institution  catholique, la compréhension de la nouvelle langue n’était pas, disons, à l’ordre du jour et nous inscrivions n’importe quoi  en réponse aux questions - mais en  malais basique -  le plupart de temps un simple oui ou non au lieu d’un texte exigé  car nous ne parlions que  le malais appris dans la rue ou  qu’avec les femmes,  employées par nos parents  pour s’occuper de nos  maisons.

Les nonnes nous tournaient autour catastrophées,  les perles de transpiration sur le front d'angoisse et de chaleur et elles nous soufflaient les réponses discrètement,  en vain, j’écrivais   n’importe quoi  et après cette épreuve hallucinante, en se retrouvant toutes dehors,  je n’étais pas la seule à l’avoir fait et nous nous consolions faisant semblant de s'en moquer -  c'était une ...très  triste ...  rigolade ... 

J’ai passé le bac, comme toutes mes petites camarades,  réussite 100%, le prestige de l’établissement l’exigeant -- et  merci,  nos soeurs!

jeudi 8 juillet 2010

Fritz & Fransina (épilogue)

Pour Cristina Louise, ma fille.

Pendant des années Fransina  suit les militaires partout. La marche est dure et chaque soir,  comme des nomades, le campement se réalise avec le stricte nécessaire, pour le plupart porté sur le dos des concubines. Les concubines sont toutes   indigènes, tolérées - c’est considéré bien pour le moral des hommes - mais elles ne jouissent d’aucune reconnaissance ou traitement priviligié.


Les femmes et les enfants nés sur le chemin marchent à la fin de la colonne, les nourrissons sont portés sur la poitrine dans un sarong noué sur l'épaule pour faciliter l'allaitement. Les femmes accouchent seules, là ou la colonne se trouve et la marche se poursuit sans elles. Elles s’entre-aident,  une  femme enceinte qui a  d’autres enfants  sait qu’ils sont pris en charge tandis qu’elle arrête la marche pour accoucher en attendant le plus longtemps possible pour que l'accouchement se fasse rapidement. Personne retourne en arrière en cas de complication.


S’accroupir pour accoucher il n’y a que cela à faire quand l’heure est venue et comme les autres femmes, Fransina  coupe le cordon ombilical elle-même, emmaillote  son bébé et rattrape la colonne --  le plus vite possible car la musique et le tremblement  occasionné par les pas ainsi que le sifflement des machettes pour ouvrir le chemin  font fuir les bêtes sauvages et les serpents.


Fritz se voit  obligé d’arrêter sa vie de nomade: le climat humide de la jungle a fini par le rendre malade et les crises d’asthme font  en sorte qu’il ne supporte  plus la marche. Les deux enfants nés sur le chemin ont largement  atteint l’âge de la scolarisation et il s’installe  comme professeur de piano sur l’île de Java. Il  épouse Fransina, chrétienne et croyante et ceci à l’encontre de  tout avis colonial  que cela ne se fait pas.   Ils ont eu d’autres enfants. Leur deuxième  fille, Louise est ma mère et  ta grand-mère -  tu l'appelais Oma, t'en souviens-tu? -  tu  lui ressemble, il parait que moi aussi je lui ressemble et j’en suis fière.


Louise, ta grand-mère est née dans une rizière, elle a fait preuve de beaucoup de courage et de humanité pendant son internment par les japonais pendant WWII.




mercredi 7 juillet 2010

Fritz & Fransina (5)

Ce matin je me suis levée très tôt pour une prise de sang routine. J’ai d’abord sortie  Zooey visiter son buisson favori  ... elle boîte de sa patte arrière gauche et, bonne comédienne, elle secoue   sa petite patte arrière avec beaucoup de drame. Bien sur que  je m’affole et que  je la porte et que  je la dépose  sous son buisson et que  je la porte au retour à la maison.

Hier soir elle était super contente de se promener. Il fait tellement chaud que je la sorte pour son pipi-run mais j’attend le soir et plutôt vers 23 heures pour une promenade plus longue. Hier soir Zooey a lourdement insisté, elle voulait aller sur une petite place à un quart d’heure de marche et elle y est allée en sauterelle en faisant des petits bonds tout le long le trajet. 


S’est-elle foulée une petite patte hier soir?


Samedi soir il y avait un orchestre sur la petite place et une jeune fille qui ressemble à Olivia Ruiz chantait le fado avec passion --  Zooey  se tenait immobile et en transe elle écoutait  la fille chanter  et,  très contente,  elle voulait peut-être  renouveler l’expérience ? car elle ne s’est jamais comportée avec autant de détermination. 


Si demain matin elle boîte toujours je l’emmènerai chez le vétérinaire.

 




(Nous savons que Fritz & Fransina ont   fait l’amour sur la plage;  Fransina est rentrée dans sa grande maison sur pilotis et Friz nage vers le bateau ... euphorique...)



1898, un homme et une femme ...


Une fois à bord, Fritz se couche aussitôt.  Avec Fransina, ils se sont un peu parlé  avant l’aube:  l’attitude de la jeune femme  l’a  beaucoup interpellé et il a posé ses questions. Ainsi il apprend que l’île est matriarcale, qu’elle est éduquée chez les nonnes et qu’elle est la fille de la cheftaine du village et que sur cet île ce sont les femmes qui commandent et choisissent leur partenaire ... tant de conviction, tant de force et tant d’insouciance  en même temps qui émanent de cette petite femme tranquille qui ne cesse de le regarder sans baisser les yeux... 

Fritz s’endort.

Vers midi, avec tout le monde revenu à bord, le départ  est prévu pour l’après-midi. Au bastingage,  Fritz regarde la plage et cherche une petite silhouette, bouleversé par cette rencontre insolite sur une plage inconnue où il a donné libre cours à  tous les sentiments poétiques et charnels qui somnolaient en lui - il avait goûté à une autre bonheur qu'à part ces notes  pleines  ou vides qui, d’habitude,  lui suffisent largement.

Ses deux gardes se sont remis à ses côtés, l’un se tourne vers Fritz, l’angoisse marquant  ses traits: comment alerter, sans faire perdre la face à un officier? et sans soi-même  s’attirer des foudres de sa part ?  ce qu’il a vu,  Fritz devrait le savoir, mais en parler est aussi une preuve qu’il est au courant.

Bientôt l’ordre de lever l’ancre, son camarade lui a dit de se taire, et puis, l’oublie et puis le temps passera,  guérisseur de tous les maux.    La situation est grave, les troupes sont au courant, tout le monde à bord  le sait  sauf les officiers. Il  est aimé,  ce grand allemand qui se tient à part  et ne pense qu’à faire de la musique et avec du respect et de la courtoisie forment  les musiciens pour son orchestre. Personne ne cherche à le nuire.

- Monsieur? ... je ne sais pas pourquoi ... les hommes du village ont puni la fille de la cheftaine de l’île. Elle est  sur la plage, on ne peut pas la voir d’ici. Elle est nue, allongée sur la plage, les mains et les pieds attachés aux piquets: elle est couverte de fourmis déjà - ils font la laisser mourir sur la plage, monsieur, ils disent qu’elle a fauté?  - je viens de rentrer à bord ... j’ai vu, monsieur ...

Fritz l’a cru et sans hésitation  il s’est empressé de négocier une gigue auprès de ses supérieurs, il avait oublié son carnet de partitions sur la plage! et  il a obtenu le faveur. Aussitôt l’ordre est donné d’arrêter les machines et attendre son retour: continuer sans un chef d’orchestre est impensable.

Avec ses deux gardes il a retrouvé Fransina sur la plage et ils l’ont détachée. Fritz l’a portée dans l’eau pour se laver  de toutes ses  fourmis. Après il l’a enveloppée dans sa tunique et il a embarqué avec elle dans ses bras  à bord.  Personne ne s’y est opposé.

Fransina a trouvé que c’était tout à fait dans la logique  des choses et elle sourit ...  elle se laisse faire et elle le suit jusqu'à la mort de Fritz trente ans plus tard. Fransina vivra jusqu'à l'âge de 89 ans.

La légende veut que si on prononce le souhait de vouloir aller  à Saparua et on en est empêché, Saparua continuera à chanter comme une sirène et à appeler jusqu’à  la  déprime  et la mort s’en suivent.

Fransina  n’a jamais prononcé le souhait de retourner voir son île.





à suivre (l'épilogue) ...

mardi 6 juillet 2010

Fritz & Fransina (4)



Je salue le monde entier avec ma main et mes cinq doigts écartés:  je circule avec un GPS  à bord et mon GPS me parle en français! Ma vieille 306 ronronne de plaisir.

J'ai hésité, je choisis l'anglais?  -- je suis parfois si intolérante car je ne supporterai pas que mon GPS me parle avec un accent américain en prononçant les noms des rues, je risque de ne pas comprendre, c'est én-erv-ant  donc: mon GPS me parle en français!
 

C'est plus corrèc!


 



(On a laissé Fritz sous son arbre... et oui, on y rajoute une femme, la femme maintenant ... et l'histoire s'illumine...)


1998, un homme et une femme ...

Il se réveille de sa sieste, entend les hommes du bateau rire et se divertir, se lève  pour y jeter un coup d'oeil et constate que les troupes sont surveillés par deux officiers et ceux qui voulaient retourner à bord ont pris les gigues.

Il s'en détourne, soulagé, seul enfin, et il défait quelques boutons supplémentaires de sa tunique, la nuit ne tarde à tomber  et la chaleur est atténuée par  une bise venant de l'océan. Il sort un crayon et un carnet toujours dans une poche et retourne vers l'arbre de sa sieste en se refusant d'avoir faim ... il a des notes à inscrire.

Le village est silencieux, il observe,  plus de mouvement. La lune lui donne assez de lueur pour dessiner ses notes, plus rien ne bouge, même les hommes sur la plage se taisent:  la beauté des lieux dans une  nuit tropicale accompagnée d'un concert de criquets s'impose.

Soudain une silhouette menue en blanc se découpe dans la crépuscule, se mue vers lui - elle porte quelque chose. La  petite fille s'accroupie  devant un plateau qu'elle pose devant ses  ses pieds.  Son dîner?  Elle a le dos droit, la nuque allongée le plus haut possible et le menton en avant. Silence.

Fritz  a soif, faim aussi et il entame le repas sans bien comprendre pourquoi il est servie   sans l’avoir demandé ni exigé.  Elle ne bouge pas et le regarde manger fixement, le haut de son corps tendu vers lui , elle a posée deux petits poings  serrés devant elle comme appui. Silence. Comment la remercier?  et gêné il lui lance en malais

- Merci beaucoup, moi Fritz,  toi?

Elle lui répond en un néerlandais impeccable   qu’elle s’appèle Fransina et qu’elle l’a choisie pour être son homme.

- Mais tu n'es qu'un enfant!  Fritz s’exclame et elle répond lentement  qu’elle est née en mille-dix-huit-cent-soixante-treize!  Silence  - elle a donc son âge? -  et elle continue qu'elle a le droit de choisir son homme,   le seul problème c' est qu’il  n’est pas un homme de son île, il est  Blanc et elle rajoute, en souriant,  qu'elle l'a regardé faire et  qu'il il lui plaît! - puis,  elle  hausse ses épaules et lui propose qu'ils ne partent se promener pour mieux  se connaître et tout cela comme s' ils se disent des mondanités  dans les salons du gouverneur!

Fritz croit rêver, termine son repas, il mâche lentement   pour gagner du temps. Fransina se tait. Fritz est conscient du fait qu'une telle ... fraternisation comporte le risque de devenir plus qu'une échange de politesses,  faire l'amour avec une belle indigène, ce qu'il espère faire maintenant,  disons qu'il y pense!  car  la demoiselle est séduisante, oui, risque de lui coûter cher.   Dans le contexte militaire cela peut lui coûter même  la vie  avec la mer comme dernier repos --    les troupes ont reçu l'ordre de ne pas fraterniser,   pour un officier c'est une code d'honneur tacite. Troublé il demande pourquoi personne ne bouge plus dans le village déserté et elle lui dit que c'est l'heure de repas du soir, tout le monde mange à l'intérieur des maisons, le groupe d'inspection aussi.

Elle ne bouge toujours pas. Fritz se lève, déplie ses presque deux mètres  et, heureuse,  elle le tire par la main et ils disparaissent sous les arbres vers la plage.

Ils sont partis se promener, il a tenu à garder sa main dans la sienne, elle s'est laissée faire; il l'a soulevée haut dans ses bras et elle s'est laissée faire, ils se sont embrassées puis il l'a allongée sur la plage, ils ne se sont plus rien dit  et  ils se sont aimés jusqu'à l'aube:  elle est rentrée chez elle et Fritz regagne le bateau à la nage ... euphorique.




à suivre ...

samedi 3 juillet 2010

Fritz & Fransina (3)

Je me suis trompée, nous sommes samedi aujourd’hui,  dimanche ... c’est demain! ...  je peux donc écrire une suite à l’histoire de la rencontre de Fritz & Fransina.


Cela risque de chauffer, je respecterai une certaine pudeur:  ce sont  quand-même mes grand-parents et ils ils m’ont léguée une  solide  contribution morale pour pouvoir affronter  ma vie truffée  d’événements occultés ou  bêtement oubliés.   

Sans emploi de temps imposé ou auto-inventé (le passe-temps favori des retraités de la vraie vie),  la règle absolue consiste à ne pas regarder un Agenda.  Rien inscrire sauf les incontournables rendez-vous à respecter - comme la date limite d’envoi de ma feuille  d’impôts ou  le rendez-vous chez le  dentiste -  pour lesquels  j’actionne   soigneusement  l’alarme de mon portable et je colle minutieusement des petits Post-it! ...  toujours jaunes,  sur la porte supérieure du congélateur de  mon frigo dont j'ouvre la porte inférieure aux denrées succulentes, et je peux en même temps contempler  avec dégoût les priorités de ma vie et ceci  parfois au milieu de la nuit -- c’est rassurant de voir une telle organisation et  je m'en félicite  avant de me recoucher.

Le propriétaire de mon illustre logement ne sait jamais quand il recevra  l’enveloppe avec  le chèque du  loyer - cela pourrait être le 5 comme le  29 du mois - qu’importe la date!  il m’accorde sa  confiance inébranlable;  l'artiste-peintre fort sympathique a vu ses invendus  s’empiler et  il a sans enthousiasme ouvert un salon de coiffure dont  il a tapissé les quatre murs de ses toiles,  du sol jusqu’au plafond et il a su garder intact  son goût pour l’imprévu; il épate dorénavant les mémés du quartier avec son Art plastique et ses Ciseaux adroits.

Nous vivons une histoire  d’amour platonique,  le coiffeur/artiste-peintre et moi, nous nous complétons, nous nous comprenons, c’est beau!

(Et nous avons laissé les militaires en caleçon dans la mer et Fritz en uniforme sur le bateau où il  attend la gigue des officiers pour, à son tour, visiter l’île de Saparua...)


1898, un homme ...


Une fois tout le monde sur la plage, les troupes reçoivent l’ordre de ne pas fraterniser et de rester sur les plages. Déjà un fait curieux se révèle: les femmes du village plus haut restent en retrait. Elles ne viennent pas sur les plages, elles sont invisibles: ce sont les hommes qui font le ravitaillement exigé, les hommes qui rendent service.

Fritz prend un chemin qui se dessine   sous les cocotiers vers le village plus haut. Il détonne. Un grand blanc maigre de presque deux mètres en uniforme blanc des tropiques, les boutons dorés de sa veste fermés jusqu’au menton et qui déambule, l’air perdu,  dans la  moiteur torride d’une soirée tropicale en clignant les yeux derrière les petits verres ronds de ses lunettes.

Il observe la vie du village et il remarque que les femmes sont petites, à peine un mètre cinquante ... elle portent des longues tuniques blancs sur un sarong noué autour les hanches, la peau douce,  couleur ébène et les  cheveux noirs,  longs et ondulés parfois même crépus et  ramassés en chignon dans la nuque avec un port de tête fier; elles dirigent sans cesse les hommes avec un regard et de rares gestes. Il remarque aussi qu'elles sont belles et étrangement inaccessibles, elles l'ignorent.

Fatigué  et étouffant de chaleur, il voit un petit groupe d'officiers accompagné d'un fonctionnaire d'état et son assistant indigéne parler avec une de ces femmes qui en suite  se détourne et laisse  comprendre avec un regard à une femme présente de prendre le relais. Elle précède le petit groupe du bateau et ils montent l'escalier étroite vers le véranda  d'une maison spacieuse sur pilotis, la sienne sans doute.

Fritz décide de se reposer sous un arbre --  il se contente de regarder et d’essayer de comprendre. Avec soulagement il défait quelques boutons de sa veste. Quelle valse pourrait-il bien composer pour  illustrer cette ambiance irréelle?  Le comportement incongru  de cette population, de ses femmes menues qui ressemblent à des négresses sans lèvres pro-éminentes ni croupe à outrance, ici?  sur une   île  si différente des autres îles de l’archipel?  -- et il s’assoupit, drogué par la chaleur.




à suivre ...

jeudi 1 juillet 2010

Chanson pour mon GPS (2)



Je suis sure qu'au ciel mon grand-père (que j'ai jamais connu)
me regarde et rit avec moi ...
lui, il a trouvé l'amour sur un île perdue de la Ceinture des émeraudes
-- mon histoire de
High Drama on the High Seas n'est pas finie ...
Fritz & Fransina reviendront!

Ce dimanche:  déjeuner @ The Winegrower's Wife's Residence
Il faut, oui, il Faut y Installer et Programmer mon  GPS ...
et le Tester dans les environs,  cette Malheureuse Boîte!
Pffff ... just Clap your Hands! et c'est FAIT!
... mais,  elle parle toujours turque, mon GPS 
et pas encore anglais ou
français
... voilà, just Clap Your Hands, Airelle ... 
ou Mange cette Satanée Boîte...








Sia - Clap Your Hands

Well I've been
Neglecting the good things

(oh oh woah)

While ironing,  desiring
The good things
I'm biding the lighting
The good things

(oh oh woah)

I'm minding what to see
The good things

Just let me out of my misery

(oh oh woah)

(oh oh)

On a night like this..
Get out of misery

(oh oh)

Clap your hands
Clap your hands
Turn the lights on my nights
This is life
And we only get one chance

Clap your Hands
Clap Your Hands
Come on dance
Take a chance on romance
We only get one shot at this

Clap your Hands
Clap Your Hands
Turn the lights on my nights
This is life
And we only get one chance

Clap your Hands
Clap Your Hands
Come on dance
Take a chance on romance
We only get one shot at this

Fritz & Fransina (2)

Fritz Oskar Schröder né en Prusse?  ... oui, c’est lui mais  que fait-il donc dans ce pays?  ...  où va-t-il? mais il ne se pose plus ces questions, il est bien!

Il se félicite d’avoir fait le bon choix: le voilà au bastingage d’un bateau militaire et lui, pacifiste! est libre de vivre l'insolite,  libéré d’une vie programmée pour être vécue  entre quatre murs -- sur un coup de tête il a  débarqué à Batavia  et il s’est fait intégrer  dans l’armée coloniale de la Ceinture des émeraudes - restons poétique! - et  il peut faire de la musique, former des musiciens, écrire ses valses ... vivre sa musique ... comme il veut quand il peut!






1898, un homme ...


Il regarde l’île s’approcher, une  plage  se dessine et il rassure les deux soldats indigènes qui l’entourent de leurs soins que c’est les vacances, pour eux aussi --  oui, disposez, messieurs, Saparua est une île paisible, chrétien! donc pas besoin de vous occuper de moi ...  ni de perdre vos vies d’ailleurs, il pense, pas très fière de ce climat colonial si confortable soit-il pour lui aux yeux bleus;  il se sent triste tout d’un coup et il regarde  les deux hommes s'éloigner.

Lui est protégé  comme un bijou. Considéré vulnérable en marchant devant les troupes avec comme  seule défense un bâton d’orchestre, les officiers lui ont désigné ces deux soldats indigènes sensés le flanquer à la tête de la colonne.

Ils ont reçu l’ordre de le protéger avec leur vie si nécessaire --  ils risquent tous les trois  de  se faire dépecer en deux moitiés, il pense, vaguement irrité et  inquièt il pense à l'énième  soulèvement d’actualité à Aceh au nord de Sumatra dont les hommes pratiquent une stratégie d'attaque surprise: ils  surgissent en un bond de la jungle, sabre à la main et ils font d'un seul coup tranchant deux moitiés d'un corps debout ... le sien peut-être? ...  il y a aussi les Toradja sur l'île de Célèbes et eux sont des chasseurs de têtes ... l'île en forme de crabe  n'est pas loin de Saparua.

Mais, l’ancre est jeté!

Une fois le bateau en rade, les troupes,  déjà  en caleçon,  sautent dans la mer et gagnent la plage à la nage -- l’exemple lui est interdit en tant que sous-officier et il attend avec  impatience  la gigue  pour partir avec les autres officiers, tous étouffant dans leurs uniformes, les vestes boutonnées jusqu'au cou; pour eux la routine d'une escale  d'inspection,  lui est en repos.




à suivre ...