Qui êtes-vous ?

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Une franco-américaine résidant en France qui souvent se prend les pieds dans notre noble langue pour les poser dans un plat... mes origines? côté maternel je suis le résultat d'un contact trans-océanique d'un allemand avec une moluquaise, indigène d'une île matriarcale dans un archipel nommé Ceinture d'émeraudes ... simple ...pffffff... Dali m'inspire et je me suis plongée parmi les poissons ...

lundi 14 juin 2010

Un rêve.




Cette nuit je me suis réveillée à trois heures du matin, je me suis réveillée après avoir revue une scène d'enfance presque oublié. Depuis longtemps j'ai vaincu ses  frayeurs et je dors dans le noir  m'assurant des nuits de sommeil tranquilles et reposantes.

Est-ce l'écriture qui fait en sorte de faire rejaillir des images,  inconsciemment occultés?

Crépuscule et je suis une toute petite fille apeurée qui  en sanglotant de peur demande   à sa mère de regarder par la fenêtre.  Ma mère continue de battre des oeufs et fixe de son regard  de prisonnière  mutine un homme qui se déplace lentement vers la maison dans la  mystérieuse lumière .  J'entends les  vagues de chants de criquets entrecoupées de silence.  Une  crépuscule tropicale magnifique.

Avec chaque mouvement la faible lumière rejetée dehors par une ampoule nue au dessus de nos têtes crée des éclats sur la lame dans sa main. L'homme n'est qu'un ombre et avance d'un cocotier à l'autre, s'approche lentement de la maison.

Je suis terrorisée.

- Shhh, va chercher Léo! elle commande entre ses dents sans détourner les yeux de la scène dehors et elle  continue de  battre ses oeufs.
- Préviens-le, shhhhh, tu sais bien que nous sommes  protégées ... ce sont les mêmes mots rassurants  si souvent murmurés pour me calmer.  D'habitude elle y rajoute
- Shhhhh, pleurs pas, ne  montre jamais ton peur, les animaux et les bêtes  humains ne te respecterons pas!

J'exécute aveuglement la mission d'alarmer le seul militaire affecté pour nous protéger dans ce riant  abri  d'avant guerre, délabré par balles. Nous sommes   au milieu du chaos d'une lutte pour l'indépendance d'un pays colonisé 350 ans... Léo dort le jour  et ma mère prépare une omelette pour son réveil avant qu'il ne commence  ses tours de garde autour de la maison toute la nuit aidé par mon père, ce soir absent.

Léo nous rejoint dans la cuisine.

- Il est parti, madame,  et il pose sa mitraillette nonchalemment contre un mur,
me regarde et annonce joyeusement

- J'ai compté SEPT NAINS, Renée Louise, assis  sur le mur tout autour de la maison!!!
ils m'ont aidé, tu sais!
et les yeux de tigresse de Louise rient, me caressent.

Cette nuit je me suis réveillée en souriant.


3 commentaires:

  1. vous devriez tout réécrire......je ne sais pas si dans le monde actuel ceci a une chance d'être publié, ce monde est ....assez décevant...;la publication , si l'on n'est pas pistonné , n'a que peu de chances de succès.
    Mais , si ce n'est pour la publication , la distribution, au moins , ce serait pour vos enfants ...petits enfants....vous êtes leur patrimoine autant affectif que biologique.....ne croyez vous pas ??.....

    mais , j'avais un grand père photographe.....
    je crois reconnaitre une atmosphère ...;une tenue vestimentaire que je rencontrais lorsque je voyais ses travaux....il faisait tout lui mème....

    malheureusement un de ses gendres , peu soucieux de ce que représentait ce patrimoine détruisit la majeure partie de ses travaux et de son matériel.....

    Je crois utile que votre mémoire soit léguée .....l'histoire ne se limite pas à nos années de vie....elle doit se transmettre....

    j'aime bien vous lire...

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  2. je n'aime pas revenir sur le passé, l'écriture m'y force par manque d'imagination ... j'essaierai de me nourir du présent.
    Merci

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  3. Le passé, on n'y revient pas , il est là.
    La seule chose est qu'on ne peut, ni le changer , ni vivre au contitionnel passé.
    Donc les regrets sont là , et le seront toujours , au même titre que les sujets de plaisir.
    Par contre il est plein de références.
    Le présent , disparait aussi vite qu'il apparait , c'est comme une tranche de pain , de jambon ,un plat que l'on avale.
    Le passé permet , par le souvenir , de savoir si l'on a apprécié ce qu'on a mangé.

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